Alors que Bayer se prépare à acquérir Monsanto, les chefs s’inquiètent de l'impact de cette fusion sur la gastronomie.
À l'approche du rachat de Monsanto, produit phare des semences OGM et des pesticides, la communauté gastronomique s'alarme. Des chefs renommés tels qu'Olivier Roellinger et Thierry Marx s'unissent dans une lettre ouverte, dénonçant ce qu'ils qualifient « d’invasion de l'agrochimie dans nos assiettes ». Rédigée par Franck Pinay-Rabaroust, rédacteur en chef du site Atabula, l'initiative a suscité un large soutien parmi les professionnels de la cuisine.
Des inquiétudes légitimes
Bayer et Monsanto, bien que respectivement établis depuis le 19ème siècle, soulèvent des craintes surtout depuis leur fusion officielle en septembre 2016. Selon Franck Pinay-Rabaroust, « plus on est gros, plus on est puissant ». Les deux entreprises contrôlent près de 30 % des semences mondiales, leur permettant de dicter le contenu des assiettes de millions de consommateurs. "C'est une forme de dictature agricole", met-il en garde. Nadia Sammut, chef et chimiste, renforce ce propos en faisant écho à la peur engendrée par l'union de leurs réputations.
Un passé troublant
Monsanto, fondé en 1901, est connu pour ses pratiques controversées. À la fois producteur de l'agent orange et du populaire Roundup, ses activités ont souvent été critiquées pour leurs implications sanitaires. Bayer, pour sa part, a également connu des scandales en matière de médicaments. Leur alliance suscite des interrogations sur les impacts potentiels sur la biodiversité et la santé humaine, comme le souligne le rédacteur d'Atabula.
Une réponse face à la démographie
Werner Baumann, PDG de Bayer, justifie la fusion par le besoin croissant de nourrir une population mondiale en croissance. Nadia Sammut, cependant, répond fermement : "Nourrir oui, empoisonner non". Selon les experts, la solution passe par le respect de méthodes agricoles plus durables et responsables. Malgré les défis, ils affirment qu'il est tout à fait possible de favoriser une alimentation saine et de qualité, en stimulant un retour vers des pratiques ancestrales.







