Paris, Lyon, Toulouse mais aussi Montréal ou Boston : enquête sur le succès des festins géants
Tablées extra-larges, dîners en blanc et festins contemporains connaissent un véritable engouement. Les mots d'ordre : faste et démesure.
Ces moments festifs évoquent une douceur réconfortante de l'abondance, des repas somptueux où chaque bouchée devient une expérience. La semaine dernière, Paris a vu près de 12 000 personnes pique-niquer en blanc, illuminées par des chandelles, à la place des Vosges et sur le parvis de Notre-Dame. À Lyon, 250 convives arboraient également le blanc autour de la fontaine de la place de la République. De son côté, le parc du château de Bourron s'apprête à accueillir plus de 1 600 personnes habillées en blanc pour un événement qui s'annonce d'ores et déjà mémorable.
l'émergence des "dîners en blanc"
Le phénomène des "dîners en blanc", qu'une bande d'amis parisiens a lancé en 1988, ne cesse de se développer. Des villes comme Las Vegas, Abidjan, La Nouvelle-Orléans, Mexico et Sydney s'alignent sur cette nouvelle tendance cet été. Sandy Safi, directrice de Dîner en Blanc International à Montréal, prévoit à chaque événement un minimum de 2 000 participants.
rompre avec le quotidien
„Les banquets offrent une échappatoire à notre quotidien“, souligne Fabien Vallos, artiste et philosophe. Il prépare un repas pour 80 convives dans le cadre de l'exposition "La Vie des formes" à Toulouse. Au menu : une délicieuse variété de plats soigneusement élaborés. Ces repas ne se limitent pas à des événements mondains, mais deviennent également des performances culinaires, où la tenue jusqu'à la fin du festin est un défi en soi.
Les festins de ce type, bien que critiqués pour leur ostentation, engendrent finalement une forme de jubilation collective. Emmanuel Giraud, artiste et journaliste, rappelle qu'il n'ya aucun répit durant ces agapes, et elles peuvent s'étendre sur des heures, voire toute la nuit.
nourrir le lien social
À travers ces vastes tablées, une nouvelle manière de se rassembler se dessine : un antidote à l'individualisme des repas rapides et souvent isolés. Le sociologue Jean-Claude Kaufmann décrit comment ces banquets créent un espace d'égalité où les hiérarchies traditionnelles au sein de la société se dissolvent.
Emmanuel Giraud partage également que les coûts de ces événements vont de 50 000 à 200 000 euros, majoritairement affectés à la mise en scène, assurant un spectacle qui émerveille tant les invités que les spectateurs. En 2010, un repas à Hongkong a rassemblé 14 459 participants, établissant un record qui fait pâlir celui de la célébration parisienne de 1900, avec ses 22 965 invités – un événement qui n'était pas encore enregistré par le Livre Guinness.
rendez-vous au château
Participer à un dîner en blanc peut sembler compliqué, demande souvent des connections, mais le château de Bourron se veut inclusif. Pour une modique participation de 10€, tout le monde peut profiter de ce cadre enchanteur de 40 hectares, tout en apportant son propre repas. Des animations, telles que des cerfs-volants géants et un défilé de robes de mariée, agrémentent l'expérience pour un moment mémorable en famille ou entre amis.
Rendez-vous vendredi 29 juin à 20h30. Entrée au 14, avenue Blaise-de-Montesquiou, 77780 Bourron-Marlotte. Tél. : 01 64 78 39 39. www.bourron.fr







