Surnommé «le roi des chefs et le chef des rois», Marie-Antoine Carême est au cœur d’une série éponyme sur Apple TV+. Qui était cet emblème de la pâtisserie française ? Portrait.
Inscrit dans l’histoire comme le «roi des chefs», Marie-Antoine Carême, également connu sous le nom d’Antonin, voit son destin illuminé par une carrière culinaire spectaculaire. Sa vie inspirante est au centre de la série Carême, récemment lancée sur Apple TV+, réalisée par Martin Bourboulon. Le personnage, interprété par Benjamin Voisin, émerge dans un monde de tensions politiques pendant l’ère bonapartiste. Orphelin et ambitieux, il jongle entre son travail de pâtissier et un rôle d’espion, suite aux exigences de Charles-Maurice de Talleyrand, un ministre influent. La gastronomie devient ainsi son arme, dans un contexte où se mêlent intrigue, passion et misère. Adaptée du livre Cooking for Kings d'Ian Kelly, cette série interroge la frontière entre fiction et réalité. Qui était vraiment Marie-Antoine Carême ? Portrait.
Une enfance difficile
Le récit débute à Paris en 1789, rue du Bac, dans un environnement de grande précarité, où Marie-Antoine Carême grandit. À 11 ans, son père, dans un acte de désespoir, l’abandonne, lui suggérant de se forger un avenir. Dans ses Souvenirs Inédits, il évoque avec pudeur son parcours, soulignant que malgré ses origines modestes, un destin prometteur l’attendait. Après des jours de galère, il trouve refuge chez un cabaretier qui devient son mentor.
L’architecture comme muse
C'est au sein du restaurant de Sylvain Bailly, en plein Paris, qu'Antonin développe son identité culinaire. Son talent révèle sa passion pour l’architecture, qui influence ses créations. Avec l’encouragement de son chef, il fréquente le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, s’immergeant dans les chefs-d'œuvre de l’architecture. Comme il l’écrira plus tard, la pâtisserie, véritable art, mérite une place parmi les beaux-arts.
Ascension et reconnaissance
Entre 1803 et 1814, Carême s'affirme auprès de l'élite politique, notamment aux hôtels de Gallifet et de Créqui. Pour des dîners prestigieux, il invente des mets emblématiques, dont le croquembouche, inspiré par les colonnes antiques. Sa rigueur et sa créativité le conduisent à publier plusieurs ouvrages couronnés de succès, tels que Le Pâtissier royal parisien, dans lesquels il codifie les techniques culinaires, affirmant l’importance de l’esthétique en cuisine.
Ce passionné de gastronomie parcourra l’Europe de 1816 à sa mort, mettant son talent au service de nombreuses cours, de Londres à Vienne. À la cour du prince de Galles et de l’empereur d’Autriche, Carême se distingue, mais refuse les chaînes de l'asservissement. Ce n’est qu’en intégrant la maison du baron James de Rothschild qu'il se sentira reconnu en tant que chef, jouissant d'une liberté créative inédite.
Antonin Carême s'éteindra en 1833, victime des effets néfastes des cheminées de cuisine. Sa renommée demeure, et son influence sur la gastronomie mondiale perdure à travers des classiques comme les vol-au-vent et la pâte feuilletée. Le leg d’Antonin Carême continue d'inspirer chefs et gastronomes à ce jour.







