Lait vitaminé, yaourt au bifidus ou margarine anticholestérol. Les alicaments, ces produits alimentaires aux vertus revendiquées, suscitent beaucoup d'intérêt. Mais que valent vraiment ces aliments?
Alicaments : comment les reconnaître ?
Issus de la fusion des termes "aliment" et "médicament", les alicaments se distinguent par leurs promesses sanitaires. On parle également de "pharmafood" ou de "nutraceutique". Selon le Pr Arnaud Basdevant, spécialiste en nutrition, les professionnels préfèrent les termes "aliments fonctionnels" ou "aliments santé" pour éviter les confusions. Parmi les alicaments courants, on trouve :
- Huiles équilibrées pour la santé cardiovasculaire.
- Boissons fermentées boostant les défenses immunitaires.
Les allégations sur les emballages témoignent des bénéfices potentiels, allant de l'accélération du transit intestinal à l'amélioration de la densité osseuse.
Les alicaments peuvent-ils soigner ?
En aucun cas. Les aliments ne peuvent pas guérir de maladies. Les affirmations suggérant qu'un aliment prévient des maladies graves, comme l'ostéoporose ou le cancer, sont interdites en Europe. Contrairement à d'autres pays, la France ne reconnaît pas les allégations de propriétés préventives ou curatives des aliments.
Comment obtient-on ces nouvelles qualités ?
Les fabricants peuvent soit enrichir un aliment avec des composants bénéfiques, comme le calcium ajouté aux jus d'orange, soit restaurer des nutriments perdus. Par exemple, les Omega 3 sont intégrés dans le lait et les œufs grâce à l'alimentation spécifique des animaux. Des produits hypoallergéniques, comme le riz, sont également développés pour réduire les risques d'allergies.
Les risques de surdosage et l'avenir des alicaments
Bien que les vitamines et minéraux soient essentiels, une consommation excessive peut entraîner des effets toxiques, notamment pour les vitamines A et D. Alors que la consommation d'aliments enrichis croît, il est crucial de rester vigilant face aux nuisances potentielles de la surconsommation.
Le Pr Basdevant souligne que cette tendance pourrait modifier notre perception de l'alimentation, où les bénéfices sanitaires prévaudraient sur le plaisir de manger. Toutefois, il reste confiant que les consommateurs français préservaient un équilibre entre plaisir et santé dans leur alimentation.
Les alicaments prometteurs
- Les margarines enrichies en phytostérols, réduisant le cholestérol.
- Les produits laitiers et sucres enrichis en bifidofibres, favorisant la flore intestinale.
- Les produits contenant des Omega 3, bénéfiques pour le cœur.
- Des huiles à faible apport calorique, encore en phase d'étude.
Alors que l'engouement pour les alicaments se généralise, leur place sur le marché européen reste modeste. Malgré tout, les consommateurs semblent prêts à investir davantage pour des aliments offrant des bienfaits santé. Une évaluation scientifique rigoureuse est nécessaire pour assurer la fiabilité de ces produits afin de garantir un équilibre entre santé et nutrition.







