Où le prochain Président savourera-t-il son élection ?
Au resto, en solo ou entre amis : le premier repas du président élu sera scruté avec attention.
Les chefs se préparent avec frénésie. La salle est réservée, et le menu est établi. En entrée, une terrine de canard aux asperges ; en plat principal, un filet de bœuf sauce périgueux avec des pommes de terre rissolées ; et en dessert, un temps savoureux de fraisier. Le Central, ce charmant restaurant familial avec une décoration vintage, se situe à seulement deux minutes du centre culturel et sportif de Tulle, le quartier général de François Hollande. À moins d'un imprévu, c'est là que le candidat PS devrait déjeuner demain, en compagnie de ses proches collaborateurs. Ce sera son dernier repas avant l'annonce des résultats du second tour de la présidentielle. En cas de victoire, la question demeure : où fêtera-t-il ce triomphe ? "Indiquer un lieu signifierait qu'on a déjà valorisé la victoire", a-t-il humblement confié la semaine dernière au Parisien.
Un cadre symbolique pour un premier repas
D'un autre côté, Nicolas Sarkozy devrait attendre les résultats au Palais de la Mutualité, à Paris. Selon Stéphane Rozès, politologue et directeur de Cap, "s'il est réélu, il devra probablement opter pour la simplicité, choisir un endroit modeste ou inviter des amis très proches, même à l'Élysée". Il est peu probable qu'il fasse une apparition au Terroir parisien, un restaurant récemment ouvert par Yannick Alléno, qui propose une raie aux câpres particulièrement appréciée. Lors du premier tour, le président n'avait pas été vu au restaurant, l'accès à sa loge étant interdit. Un contraste avec son dîner au Fouquet's, cinq ans plus tôt, qui avait suscité une controverse. Bien que le menu ait été simple, composé de mini-hamburgers et d'un risotto aux artichauts, il symbolisait un moment chargé d'histoire.
Des choix qui trahissent une psychologie
Le repas du président élu revêt une importance symbolique selon les experts. C'est une scène d’exposition qui donne un aperçu du quinquennat à venir. Judith Perrignon, journaliste et auteur de La Nuit du Fouquet's, souligne l'analyse minutieuse de chaque soirée électorale par les journalistes et historiens. En 1995, Jacques Chirac avait achevé son discours avenue d'Iéna avant de se rendre chez François Pinault, où il a probablement dîné en petit comité.
La mémoire des précédents présidents témoigne de la richesse de ces moments. Valéry Giscard d'Estaing, après sa victoire en 1974, avait partagé un turbot avec des journalistes à Royat et revenait seul à Paris. François Mitterrand, quant à lui, avait opté pour l'authenticité au Vieux Morvan, son fief, savourant un gigot d’agneau avec des cèpes le soir de son élection. Ces repas, bien que des instants privés, résonnent dans la mémoire collective.
Les moments de partage en politique sont souvent éclipsés par les célébrations des vainqueurs, laissant les perdants dans l'oubli. Dans une déclaration, Dominique Besnehard évoquait la soirée de défaites de Ségolène Royal en 2007, un moment passé avec des proches dont le lieu demeure inconnu. Le repas de fête, parfois, efface les souvenirs des repas de défaite.
Régime de 2nd tour
Julie Ferrez, coach des candidats, préconise un menu idéal pour aborder le second tour. "Le soir, un risotto ou des spaghettis à la sauce tomate-basilic sera parfait pour faire le plein d'énergie. Le jour du scrutin, un repas protéiné comme une salade composée au thon ou une escalope de veau avec des légumes est conseillé pour éviter les coups de fatigue."







