Surmonter un trouble alimentaire nécessite souvent des années de lutte. Après avoir vécu cette expérience, Ekaterina Karabasheva espère, avec deux nouvelles applications, aider ceux qui en souffrent et leurs familles.
Ekaterina commence son parcours à 16 ans en laissant de la nourriture dans son assiette. Progressivement, des aliments sont éliminés : beurre, sucreries et boissons caloriques deviennent tabous. Un an plus tard, elle peine à manger quoi que ce soit sans ressentir de culpabilité.
Tout en étant perçue comme une élève exemplaire, Ekaterina commence à s'enfoncer dans l'anorexie, une lutte qui durera cinq ans. À 19 ans, elle prend conscience que cette maladie n'améliorera pas son estime de soi et fait ses premiers pas vers la guérison.
L'emprise de la maladie
En Allemagne, des milliers de personnes sont touchées par les troubles alimentaires. Selon l'Office fédéral de l'éducation à la santé, environ 1,5 % des femmes et 0,5 % des hommes sont concernés, de nombreux patients laissant leurs relations s'effriter à cause de leur condition.
Les obsessions avec la nourriture, le comptage des calories et les comportements autodestructeurs rythment leur quotidien. Ces souffrances peuvent mener à des années de solitude.
Aujourd'hui âgée de 27 ans, Ekaterina a repris sa vie en mains, ayant terminé ses études et ayant récemment donné naissance. Désireuse d'aider les autres, elle s'engage dans des initiatives communes.
Journée d'avril sur Instagram
Sous le hashtag #edrecovery sur Instagram, de nombreuses personnes partagent leurs luttes contre les troubles alimentaires, illustrant la réalité d'un rétablissement par des photos de repas. Ces récits, notamment ceux d'individus célèbres, jouent un rôle crucial dans la sensibilisation et la normalisation de la conversation autour de ces problématiques.
Ekaterina a créé Jourvie, une application qui permet aux utilisateurs de documenter leurs repas et leurs émotions, formant ainsi un lien essentiel entre alimentation et bien-être émotionnel. Grâce à cette approche, les utilisateurs deviennent plus conscients des émotions liées à leur alimentation, balayant les émotions négatives accumulées.
Outil pour les proches
Pour suivre son processus, Ekaterina se tourne vers Instagram, une plateforme plus accessible que le carnet traditionnel. En ajoutant des images et en commentant son alimentation, elle facilite l'intégration de ce suivi dans sa vie quotidienne.
Cependant, le besoin de confidentialité reste important. Pour cela, Ekaterina développe aussi Elamie, une seconde application destinée à aider les parents et enfants à détecter les signes précurseurs des troubles alimentaires. En collectant des données comportementales sur une semaine, cette application aide les médecins à évaluer la nécessité d'une observation clinique.
Avec ces initiatives, Ekaterina souhaite promouvoir la détection précoce, un outil qui pourrait aider des milliers d'individus à rompre le cycle des troubles alimentaires.
Enfin, la société joue un rôle fondamental dans la lutte contre ces troubles, que ce soit via la représentation médiatique ou en désamorçant les pressions sociales liées à l’apparence. Chaque individu, comme Ekaterina, a une chance de surmonter cette bataille.







