Les défenseurs de la langue française sont en émoi. Pourquoi recourir à des termes en franglais comme «souping», «juicing» ou «snacking» pour désigner de nouveaux phénomènes alimentaires ? Ces tendances montantes ne sont pas toutes pleines de promesses...
Dans le monde des tendances gastronomiques, il est difficile de s'y retrouver. En effet, chaque jour, de nouvelles pratiques émergent, souvent inspirées de l'autre côté de l'Atlantique. Bien que généralement saines, certaines d'entre elles sont soit révolutionnaires, soit superflues. Le point commun de toutes ces tendances ? Elles se terminent par le suffixe "-ing".
Le "souping" : un retour à la soupe maison
Récemment, la tendance du "souping" a suscité un vif intérêt sur la Toile. En réalité, ce terme désigne simplement l'acte de consommer de la soupe, une habitude ancienne. Pour les amateurs d’Instagram, il existe quelques règles à respecter...
Concept : le "souping" consiste à boire de la soupe régulièrement, idéalement préparée soi-même, pour en maximiser les bienfaits nutritifs grâce aux légumes. On peut même envisager une cure detox à base de soupe.
Notre avis : bien que valoriser la soupe faite maison soit appréciable, l'utilisation de termes anglais pour une pratique aussi classique semble superflue.
Viabilité : 1 %.
Le "juicing" : une vague de fraîcheur
Le "juicing" est devenu tendance, surtout avec l'émergence de bars à jus à Paris et ailleurs. Des marques comme Yumi et HeyDay prennent d'assaut les rayons des supermarchés. Les chefs étoilés l'intègrent à leurs créations culinaires.
Concept : le "juicing", ou cure de jus, remplace les repas solides par des boissons liquides à base de fruits et légumes frais, préparées à l'aide d'extracteurs ou de centrifugeuses pour préserver les nutriments.
Notre avis : cette approche dynamique et ludique permet de savourer des cocktails nutritifs. Cela dit, les cures ne doivent pas dépasser quelques jours pour éviter l'effet yo-yo.
Viabilité : 50 %.
Le "snacking" : un art en évolution
Le "snacking", bien que connu, a pris un nouvel essor. Dès 2007, des chefs comme Christophe Adam l'intégraient déjà dans leurs créations. Aujourd'hui, des formations professionnelles le propulsent sur le devant de la scène gastronomique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le budget moyen des Français pour des repas à emporter a grimpé de 68 % en 12 ans.
Concept : les professionnels de la gastronomie proposent des plats rapides à savourer, allant au-delà de leur offre habituelle.
Notre avis : le terme "snacking" pourrait être facilement remplacé par "vente à emporter", mais l'idée d'utiliser des produits de qualité par des artisans talentueux est prometteuse.
Viabilité : 80 %.
Les "toppings" : personnalisez votre plat
Les "toppings" sont devenus omniprésents sur nos glaces, yaourts, pizzas et salades. Ils offrent la possibilité de personnaliser son plat, afin d'éviter les mauvaises surprises comme un goût inattendu.
Concept : ce terme anglais désigne des garnitures variées telles que fruits frais, légumes crus, noix ou condiments, ajoutées pour rehausser un plat.
Notre avis : bien que les "toppings" apportent une touche nouvelle, il est peu probable qu'ils remplacent totalement nos traditionnelles salades composées.
Viabilité : 30 %.
Le "racletting" : un engouement passé au crible
Bien qu'il s'agisse d'un terme péjoratif, le "racletting" a capté l'attention cet hiver, avec une resurgence de la raclette dans les restaurants parisiens et au-delà. Sur Instagram, le hashtag #raclette est battu à records avec plus de 400 000 publications.
Concept : ce mot, bien que construit, illustre une véritable passion pour ce plat savoyard traditionnel.
Notre avis : au milieu des régimes à la mode, il est rassurant de constater que des classiques restent populaires. #teamracletting
Viabilité : 100 %.







