Malgré les attaques en série, les bouchers français restent déterminés à exercer leur métier.
Au petit matin du 1er septembre, un boucher parisien a été réveillé par le bruit assourdissant de pierres brisant les vitres de sa boutique. Cinq individus masqués s'étaient déjà échappés, laissant derrière eux des débris et une inscription provocatrice : "stop spécisme". Ce commerçant, qui a choisi de préserver son anonymat pour des raisons de sécurité, témoigne de la peur qui l'envahit : "Se sentir menacé est une sensation terrible. J'ai du mal à croire que mon métier peut être stigmatisé de la sorte, et heureusement, mes enfants n'étaient pas là pour voir cela."
menaces et vandalismes : le quotidien des bouchers
D'après les rapports, plus de dix-sept boucheries ont été ciblées depuis 2018, partout en France, de Lille à Paris, en passant par Angers et Thionville. Les bouchers s'insurgent contre les antispécistes, qui, selon eux, mal interprètent leur passion et leur profession. Antoine Desserprit, étudiant à l'École professionnelle de la boucherie à Paris, souligne : "Je respecte profondément les animaux et la viande que je travaille." Les atteintes physiques aux établissements entraînent des coûts onéreux, certains bouchers souffrant de pertes atteignant jusqu'à 20,000 euros. Jean-François Guihard, président de la CFBCT, condamne cette violence. "C'est la profession qui est mise à mal," affirme-t-il.
Au-delà des dégradations, les bouchers subissent aussi des campagnes de dénigrement et des menaces, y compris des messages de mort. Un de ceux interrogés confie que recevoir des insultes sur les réseaux sociaux a été un choc, tandis qu'un autre parle de sa peur de porter son uniforme dans les transports en commun, craignant le jugement des autres passagers. "Les gens me regardent souvent avec mépris," déclare Antoine Desserprit, qui refuse de laisser cette pression influencer son amour pour son métier.
passion et engagement : les bouchers ne reculent pas
Face à ces intimidations, les bouchers affirment leur détermination à continuer. "Je ne vais pas changer de carrière," déclare l'un d'eux, fier de son rôle dans la transformation de la viande. "Nous voulons offrir la meilleure qualité à nos clients, et le soutien de nos fidèles consommateurs est précieux. Les ventes n'ont pas chuté; au contraire, nos clients sont plus présents que jamais." Antoine Desserprit renchérit : "J’adore mon travail et je ne laisserai pas les menaces m’arrêter." Les artisans de la viande se battent non seulement pour leur gagne-pain, mais aussi pour l'amour de leur métier.
(1) CFBCT (Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs), 98 Boulevard Pereire, 75017 Paris. Tél : 01 40 53 47 50.







