Souvent méconnu, le dioxyde de titane, un additif alimentaire courant, pourrait poser un risque de santé publique. En effet, une étude récente de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) met en lumière son potentiel à provoquer des lésions précancéreuses chez les rats.
Le dioxyde de titane, identifié sous le code E171, se trouve dans une multitude de produits de consommation courante, allant des bonbons aux dentifrices. En octobre 2016, l'association Agir pour l'Environnement avait déjà alerté sur sa présence dans des marques populaires, telles que M&M's et Malabar. Cette liste alarmante de produits soulève des doutes quant à la sécurité de cet additif.
L'Anses saisie pour évaluer le risque
Au terme d'une étude de 100 jours, les chercheurs ont observé que 40 % des rats ayant ingéré régulièrement du E171 développaient des lésions au niveau du colon. Une seconde phase de l'expérience, impliquant des rats avec des lésions initiales, a montré qu'un tiers d'entre eux avait vu leurs lésions s'aggraver après une exposition continue au dioxyde de titane.
Fabrice Pierre, co-auteur de cette recherche publiée dans Scientific Reports, a déclaré : "Nous démontrons que l'exposition orale au E171 a initié et promu la croissance des lésions précancéreuses chez le rat, mais nous ne pouvons pas conclure sur son caractère cancérogène pour l'homme." Face à ces résultats, le ministère de la Santé a décidé de saisir l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) pour évaluer le potentiel danger de cet additif pour les consommateurs. Les résultats de cette expertise devraient être publiés au mois de mars 2017.







