Alors que l’inflation alimentaire impacte les budgets, cuisiner plutôt qu’acheter des plats industriels permet-il de réaliser des économies ? Sophie Drogué de l'INRAE et Mathilde Touvier de l’Inserm nous éclairent.
La question se pose : cuisiner des aliments bruts est-il réellement moins cher que d'acheter des plats tout prêts ? Olivia Grégoire, ministre chargée des PME, a abordé ce sujet le 14 septembre dernier en répondant à une bénévole de l'Union départementale des associations familiales de Gironde. Cette inquiétude est d'actualité, surtout dans un contexte d'inflation qui pèse sur les budgets des familles.
Étude comparative des coûts
En 2020, une étude dirigée par Sophie Drogué à l’INRAE a cherché à évaluer si cuisiner était moins coûteux que d’opter pour des plats industriels. Les chercheurs ont examiné 19 plats préparés populaires, comme la quiche lorraine et le gratin dauphinois, en s'intéressant aux marques distributeurs. En parallèle, ils ont acheté les ingrédients nécessaires pour cuisiner ces plats selon des recettes du site Marmiton, en prenant en compte le coût de l’énergie et même le temps passé en cuisine, équivalant à un salaire de commis de cuisine.
Les résultats, publiés dans la revue Public Health Nutrition, révèlent que les plats préparés coûtent en moyenne 60 centimes de plus que les plats faits maison. Toutefois, Sophie Drogué souligne que cette différence n'est pas significative et que choisir un plat industriel de temps en temps ne doit pas être source de culpabilité.
Considérations nutritionnelles
Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, met en lumière que tous les plats industriels ne sont pas mauvais pour la santé. La qualité nutritionnelle varie, et certains plats sont comparables à des préparations maison. En revanche, les plats ultratransformés, souvent plus riches en additifs nuisibles, peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Touvier recommande de s’appuyer sur le Nutri-Score pour évaluer les qualités nutritionnelles et plaide pour un meilleur étiquetage à partir de 2024.
Solutions pratiques
Pour équilibrer économies et temps, Sophie Drogué propose la méthode de la cuisine d’assemblage : par exemple, acheter une pâte feuilletée toute prête, mais réaliser la garniture soi-même. Elle observe également que des produits comme les lentilles en conserve peuvent coûter jusqu'à cinq fois plus cher que leur version sèche, tandis que certaines purées industrielles peuvent être moins chères que leur équivalent fait maison. En somme, tout en reconnaissant les contraintes de temps et d'accessibilité, il est essentiel de trouver un équilibre sans se sentir coupable de ses choix alimentaires.







