Découvrez la vraie raison de votre envie de manger selon un neuroscientifique

Découvrez la vraie raison de votre envie de manger selon un neuroscientifique

Chaque semaine, nous vous invitons à découvrir un article de notre partenaire The Conversation, rédigé par des chercheurs et experts. Cette semaine, Alex Johnson, Professeur agrégé de neurosciences comportementales à la Michigan State University (USA), nous aide à mieux comprendre la sensation de faim.

Les fêtes approchent, apportant avec elles un éventail d’occasions de savourer des mets gourmands. Le célèbre adage « on mange d’abord avec les yeux » prend tout son sens durant cette période festive.

Pourtant, la science derrière le comportement alimentaire montre que le processus par lequel nous décidons quoi, quand et combien manger va bien au-delà de la simple consommation de calories en réponse à la faim. Les signaux de faim représentent seulement une facette des nombreuses raisons pour lesquelles nous mangeons. En tant que chercheur intéressé par la psychologie et la biologie du comportement alimentaire, je suis passionné par la manière dont notre cerveau interagit avec les aliments pour guider nos choix alimentaires.

Alors, de quelle manière prenons-nous nos décisions alimentaires ?

Manger avec les yeux

Les signaux visuels associés à l'alimentation influencent notre comportement alimentaire, tant chez les humains que chez les animaux. Par exemple, le simple fait de présenter des aliments dans un emballage connu peut améliorer les préférences gustatives, comme le constaté chez les jeunes enfants face à des nuggets de poulet ou des carottes. Des indices visuels tels que la lumière qui éclaire un plat peuvent aussi inciter à la suralimentation, même chez des animaux, allant au-delà de leurs besoins énergétiques.

En réalité, une variété de stimuli sensoriels – sons, odeurs et textures – peuvent être reliés aux plaisirs de la nourriture et influencer nos décisions. Écouter une publicité accrocheuse ou passer devant un restaurant prisé peut ainsi orienter nos choix alimentaires et parfois provoquer une surconsommation.

Néanmoins, notre capacité à interpréter les signaux alimentaires ne se limite pas aux seuls stimuli externes ; elle inclut aussi notre propre milieu interne. Autrement dit, nous avons tendance à manger en écoutant les signaux de notre corps, en utilisant les mêmes mécanismes cérébraux que ceux qui régissent nos réactions face aux influences extérieures. Ces signaux internes, également nommés signaux intéroceptifs, englobent nos sensations de faim et de satiété provenant de notre système digestif.

Il n'est donc pas étonnant que ces signaux internes jouent un rôle crucial dans nos décisions alimentaires, souvent plus profondément que l’on pourrait le penser.

Faites confiance à votre instinct

Les sensations de faim ou de satiété, agissant comme des signaux intéroceptifs significatifs, influencent notre processus décisionnel concernant la nourriture.

Afin d’étudier l'impact des états intéroceptifs sur nos comportements alimentaires, des chercheurs ont formé des rats à associer leurs sentiments de faim ou de satiété avec l’accès à la nourriture. Ils ne recevaient de la nourriture que lorsqu'ils avaient vraiment faim ou étaient rassasiés, leur permettant de comprendre ces signaux internes pour anticiper la disponibilité alimentaire. Ainsi, un rat ayant appris à seulement s'attendre à de la nourriture en période de faim évitera généralement le lieu où elle se trouve quand il n’a pas faim.

Mais, lorsque les rats recevaient une injection d'une hormone déclencheuse de la faim, la ghréline, ils se dirigeaient plus fréquemment vers la zone de nourriture. Cela indique qu’ils avaient utilisé cet état de faim artificiel comme un signal interne pour prédire la disponibilité de cette nourriture.

Les signaux intéroceptifs peuvent à eux seuls influencer nos comportements alimentaires, même sans stimuli externes. Un cas marquant est celui de souris génétiquement modifiées incapables de goûter, mais qui montrent néanmoins des préférences alimentaires basées uniquement sur le contenu calorique, prouvant qu'elles peuvent se fier à leur ressenti interne pour orienter leurs choix alimentaires.

Ces découvertes soulignent que la perception de la faim et la détection des nutriments ne se limitent pas à l'estomac. De nombreuses zones cérébrales, notamment l'hypothalamus latéral ainsi que l'hippocampe qui est impliqué dans l'apprentissage et la mémoire, jouent un rôle clé.

Que se passe-t-il dans le nerf vague ?

L'axe intestin-cerveau, reliant directement notre intestin à notre cerveau, influence notre comportement alimentaire de diverses manières. L'une des voies passe par le nerf vague, qui régule, entre autres, notre digestion.

Ce nerf transmet rapidement des informations nutritionnelles au cerveau. Son activation peut provoquer un état de plaisir, illustré par des souris qui adoptent un comportement volontaire, comme passer leur nez à travers un port ouvert, afin de stimuler leur nerf vague. Il est intéressant de noter que ces souris finissent par préférer certains aliments ou lieux qui procurent cette stimulation du nerf.

Ce nerf est fondamental non seulement pour transmettre les signaux digestifs, mais également divers autres signaux intéroceptifs qui affectent notre état émotionnel et comportemental. Chez l’humain, une stimulation du nerf vague a montré des améliorations sur la mémoire et l’apprentissage, s’avérant même utile dans le traitement de la dépression.

Les avantages de la conscience intéroceptive

La capacité de notre corps à utiliser à la fois des signaux internes et externes pour réguler nos décisions alimentaires souligne l’incroyable complexité des mécanismes régissant nos besoins énergétiques.

Une conscience intéroceptive altérée est souvent liée à divers comportements alimentaires dysfonctionnels, comme les troubles de l’alimentation. Par exemple, l'anorexie peut survenir si les signaux de faim ne provoquent plus le désir de manger. À l'inverse, ne pas utiliser la sensation de satiété pour modérer les plaisirs alimentaires peut entraîner des comportements de frénésie alimentaire.

En somme, nos signaux intéroceptifs jouent un rôle prépondérant dans la régulation de nos habitudes alimentaires quotidiennes. Avec l’arrivée des festivités, de nombreux facteurs extérieurs pourraient perturber notre relation avec la nourriture, engendrant du stress lié à l’alimentation. En ces temps, cultiver une connexion solide avec vos signaux internes devient crucial. Cela encourage une approche intuitive de l’alimentation, mettant l’accent sur la présence et la pleine conscience à chaque bouchée. Plutôt que de se focaliser sur des éléments extérieurs, il est essentiel d'écouter son corps et d'optimiser ainsi ses besoins énergétiques tout en profitant des délices de la saison.

Cet article a été rédigé par le chercheur Alex Johnson et publié sur The Conversation.

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