Des produits présentés comme des joyaux de notre gastronomie, mais souvent importés. Trois experts nous guident pour déceler ces faux amis.
Entre produits importés, appellations abusives et détournement de la loi, nombreux sont les aliments étiquetés "du terroir" qui induisent en erreur les consommateurs. Dans cet article, nous mettons en lumière sept de ces imposteurs en nous appuyant sur l'expertise de Philippe Pouillart, enseignant-chercheur en pratique culinaire, Nicolas Machard, directeur général de Pourdebon.com, et Nadia Michaud, de l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao).
Avant toute chose : comprendre les signes de qualité
Pour percer le mystère des spécialités qui n'ont pas d'appellation officielle, il est essentiel d'expliquer la démarche qui permet de les obtenir. Selon Nicolas Machard, les AOP et IGP sont le fruit d'une volonté collective des producteurs désireux de protéger le nom de leur produit. Ils doivent établir un cahier des charges définissant à la fois des caractéristiques précises et un lien à une région particulière. Cependant, il est à noter que certaines dénominations peuvent devenir génériques, comme le "chou de Bruxelles", qui manque ainsi de protection.
Produits trompeurs : des origines incertaines
Les faux produits du terroir abondent, comme les champignons de Paris, cultivés principalement en Chine et aux États-Unis plutôt qu'à Paris. Historiquement, ces champignons étaient cultivés dans les catacombes de la capitale, mais aujourd'hui, ils sont importés de loin.
- Les escargots de Bourgogne, en grande partie importés d'Europe de l'Est, ne profitent guère au consommateur français en quête d'authenticité.
- La moutarde de Dijon, dont 80 % des graines proviennent de l'étranger, ne devrait pas porter ce nom si sa recette n'est pas suivie scrupuleusement.
- Le melon charentais, souvent importé d'autres pays, peut tromper ceux qui recherchent un goût véritable de Charente.
Labels à privilégier
Pour éviter d'acheter des produits trompeurs, optez pour des produits portant des labels comme AOP et IGP. Ces certifications garantissent aux consommateurs que la fabrication suit des méthodes reconnues dans une zone géographique précise. D'autres certifications comme l'Agriculture biologique (AB) ou le Label rouge signalent également une qualité supérieure.
Ainsi, la vigilance est de mise pour préserver la richesse de notre gastronomie. Les consommateurs doivent faire preuve de discernement et lire attentivement les étiquettes lors de leurs achats.







