À l'occasion de la Journée des Droits des femmes ce mercredi 8 mars, quatre chefs et un journaliste nous éclairent sur l'importance croissante des femmes dans le monde culinaire.
En 2015, une étude du Crédoc révélait que 93 % des femmes en couple s'affairaient aux fourneaux quotidiennement, mais un constat amer persiste : seulement 25 % des chefs professionnels sont des femmes, et 10 % seulement dans la gastronomie. La question se pose donc : pourquoi les femmes restent-elles minoritaires à la tête des grandes cuisines ?
un plafond de verre à briser
En 2017, parmi les 616 tables étoilées par le guide Michelin, seules 16 étaient dirigées par des femmes. Anne-Sophie Pic, unique chef à trois étoiles, est l'une des rares figures féminines à briller dans cet univers. Pour mieux comprendre les réelles barrières qui subsistent, nous avons interrogé plusieurs chefs renommés, dont Cédric Grolet et Éric Frechon, ainsi que le journaliste Franck Pinay-Rabaroust, rédacteur en chef d'Atabula.
la fin du sexisme ?
Des chefs tels que Jonathan Wahid affirment que le sexisme est en net déclin dans les cuisines modernes. "Ma dernière expérience de sexisme remonte aux années 90", déclare-t-il. Éric Fréchon, qui a toujours employé une proportion significative de femmes dans sa brigade, ajoute : "Il y a dix ans, déjà, un tiers de mes équipes étaient des femmes". Les mentalités changent : les nouvelles générations de chefs semblent plus ouvertes et moins enclin à maintenir des stéréotypes. Pourtant, le chemin reste long. Le milieu est encore largement dominé par des normes masculines, souvent compliquées par une hiérarchie rigide.
une nouvelle dynamique en cuisine
Heureusement, la présence accrue de femmes chefs comme Hélène Darroze et Amandine Chaignot bouscule les codes traditionnels. Des chefs s'accordent à dire que leur sens du détail, élégance et talent font la différence en cuisine. "Les femmes apportent une douceur et une sensibilité qui enrichissent notre art", souligne Cédric Grolet.
Cependant, des questions demeurent. Comment justifier la sous-représentation des femmes dans les cuisines de prestige ? Selon Jocelyn Herland, le choix de carrière exige des sacrifices considérables, tant pour les femmes que pour les hommes. Une lueur d'espoir apparaît cependant : les modèles comme Fanny Rey montrent qu'il est possible de conjuguer vie professionnelle et familiale.
En définitive, la mixité dans les brigades est reconnue comme essentielle pour créer une ambiance de travail positive. Éric Fréchon conclut : "Un équilibre entre hommes et femmes génère une émulation bénéfique pour tous". Alors que les femmes prennent lentement leur place, l'avenir de la gastronomie semble prometteur.







